Adrien Krasniqi
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Histoire de revenant : page 4

ACTE III

Récit d'une femme solitaire

Une grande pièce. Une femme est assise sur un fauteuil et semble rédiger une histoire. Il y a de l'encens, beaucoup de vases, une grande table. La pièce est claire.

Voix-off : pendant ce temps, dans le monde humain, alors qu'un homme venait d'être banni du Paradis et que des êtres inconnus d'une intelligence incroyable essayaient désespérément de trouver les réponses à leurs questions, une vieille femme, Irina Legova, écrivait un roman.

Legova : cela me paraît bizarre que le meurtrier soit Mrs Ford, étant donné qu'on ne la connaît pas assez pour l'instant. Mr Jack ? Il est violent dans tout le livre, et ce n'est pas intéressant que ce soit lui l'assassin, étant donné que les lecteurs auront certainement déjà deviné ! Ah ! La célébrité ! Pourquoi me suis-je lancé dans l'écriture de ces livres stupides ? Certes je suis très riche. J'ai deux magnifiques enfants, mon mari est décédé mais n'importe qui voudrait me prendre pour femme. Cela dit je ne suis pas heureuse. Je suis connue de tous, impossible que je me promène dans la rue sans me faire apostropher par un jeune, moyen ou vieux fan ! Car non seulement mes livres remportent un grand succès, mais en plus ils sont pour tous âges ! Tiens ! Voilà Gaëlle qui revient !

Entre une jeune femme.

Gaëlle : maman ! Comment vas-tu ?

Legova : comme d'habitude, ma chérie. Je ne suis pas sortie depuis quatre jours, j'ai fait des nuits blanches pour persévérer dans l'écriture de ce dixième livre ... Je ne dors plus, je ne mange plus. Comment ai-je pu croire que la célébrité résoudrait tous mes problèmes ? J'ai été bien stupide !

Gaëlle : ne sois pas si dure envers toi ! Tu sais bien que les paillettes font rêver chacun d'entre nous ! Et puis, si tu n'avais pas écrit ton premier livre, «je dis blanc, tu dis noir », jamais nous n'aurions pu payer l'argent que l'on nous réclamait pour la maison miteuse que nous habitions à l'époque. Et regarde où tu es, maintenant: tu habites dans la plus merveilleuse villa de toute la ville ! Comment peux-tu te plaindre ?

Legova : ma chérie, sans avoir vécu ce que je suis en train de vivre, on ne peut avoir idée de ce que c'est, je peux te l'assurer.

Gaëlle : tout ce que je veux te dire, c'est que des milliers de personnes rêveraient d'être à ta place, maman !

Legova : je sais ! Mais on peut rêver et n'avoir aucune idée de ce que deviendra le rêve !

Gaëlle : Martin !

Entre un jeune homme.

Martin : Gaëlle ! Comment vas-tu ? Et toi, maman ? Toujours épuisée ?

Legova : je disais justement à ta sœur que cette vie est loin d'être un rêve. Elle est même plutôt un cauchemar, je dirais.

Martin : un cauchemar ? Le mot est peut-être fort, non ? Je ne dirais pas un cauchemar, mais une fatigue. Voilà, une fatigue.

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Adrien Krasniqi : "L'amor et la mort"

— Cette page est dédiée à notre fils, Adrien —