Adrien Krasniqi
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Histoire de revenant : page 6

ACTE IV

Un esprit hante les lieux

Dans la rue. On voit Jacques qui avance derrière des passants. il est vêtu d'une longue tunique blanche ...

John : vous savez bien, Etienne, que nos affaires ne marchent pas à la perfection ces derniers temps, et je me suis dit que ...

Etienne : chut ! Il me semble avoir entendu comme un bruit...Un fantôme !

Tous : ah ! Un spectre monstrueux !

Chacun se sauve, seul reste Jacques.

Jacques : St Pierre avait raison ! Ils ont tous peur de moi ! Mais qu'ai-je de si repoussant ? Je suis un esprit, c'est vrai, mais pas terrifiant à ce point-là ! Mais n'est-ce pas mon assassin que je vois marcher, là-bas ? Si ! C'est bien Thomas Glorck ! Allons lui rendre une petite visite !

Il s'avance vers l'homme qui tombe en le voyant.

Thomas : mais c'est impossible ! Encore toi ! Comment fais-tu pour ne pas être mort ?

Jacques : petite erreur ! Je suis mort.

Thomas : comment ça tu es mort ? Tu me prends pour un imbécile ?

Jacques : absolument pas. Je suis un esprit, voilà tout.

Thomas : un esprit ! Ai-je jamais entendu quelque chose d'aussi ridicule ! Je ne crois pas à ces sornettes !

Jacques : tu devrais, pourtant.

Thomas : quoi, je devrais ? Je ne dois rien du tout ! Je suis un homme sérieux, réaliste. Je n'aime pas les idioties. Et les spectres et autres choses comme ça, je n'y crois pas ! Quelle preuve pourrais-tu me donner que tu es bel et bien un de ceux-là ?

Jacques : je suis enterré au cimetière, à l'autre bout de la ville. Si tu ne me fais pas confiance, ma tombe est miteuse. Tu peux creuser et tu verras que c'est bien mon corps qui y est enfoui.

Thomas : mon Dieu ! Je parle avec un fantôme ! A moi ! A l'aide ! Je devais me venger de tout ce que tu m'as fait subir ! C'est pour ça que je t'ai tué !

Jacques : je ne t'ai rien fait subir ! Jamais ! C'est toi qui venais me provoquer à chaque fois, ne te rappelles-tu pas ?

Thomas : mais ... je ...

Jacques : tu m'as tué sans raison ! Tu m'as privé de la vie alors que j'étais encore jeune ! J'avais tout juste trente ans ! Comment as-tu pu ? Je savais que tu allais perdre la tête. Tu n'étais pas comme les autres. Cela s'est vu au premier regard.

Thomas : qu'essayes-tu d'insinuer ? Que je suis anormal ? N'est-ce pas dans la logique des choses de se venger ?

Jacques : si, mais lorsqu'il s'agit d'une raison valable ! Tu n'avais aucune raison de me tuer ! Tu me provoquais sans cesse quand j'étais gosse, et je me défendais. Voilà tout.

Thomas : mais tu veux dire que je t'ai assassiné ainsi que les dix autres sans raison ?

Jacques : oui, Thomas. C'est exactement ce que je veux dire.

Thomas : mais alors j'irai en Enfer ?

Jacques : ne t'inquiète pas de cela. L'Enfer est un lieu confortable. Mais ne le répète pas, c'est un secret !

Thomas (pleurant) : pourquoi t'ai-je assassiné ? Je puis t'avouer quelque chose, mais il faut que tu me jures de ne le répéter à personne, là-haut.

Jacques : pour l'instant je ne suis ni en haut ni en bas. St Pierre va trancher d'ici quelques temps. Mais vas-y, dis toujours.

Thomas : je suis un homme désespéré ! Depuis que j'ai perdu ma femme et mon fils ...

Jacques : tu veux dire qu'ils sont morts ?

Thomas : pas morts, non. Mais ils sont partis loin, très loin de moi. Et bien depuis que je les ai perdus, ma vie n'a plus aucun sens. J'ai d'abord eu envie de me suicider, puis je me suis mis à commettre des meurtres. Et je me suis rendu compte que cela défoule d'assassiner, c'est même très bien !

Jacques : peut-être pour toi. Mais se prendre un coup de poignard dans le dos n'a jamais fait de bien à quiconque !

Thomas : je suis vraiment désolé ! Je regrette tout le mal que j'ai fait ! Je n'aurais jamais du !

Jacques : il est un peu tard pour les regrets ...

Jacques sort de la scène. Thomas reste.

Thomas : je suis fou ! Je ne mérite pas de vivre !

Il sort un poignard et se l'enfonce en plein cœur. Il meurt. Jacques revient.

Jacques : je ne voulais pas qu'il le fasse. Mais au moins il aura pris conscience du fait que c'était un homme infâme !

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Adrien Krasniqi : "L'amor et la mort"

— Cette page est dédiée à notre fils, Adrien —